“J’ai longtemps cherché ce que je voulais faire, sans m’imaginer que ma passion aurait pu un jour, devenir mon métier. »

J’ai eu la chance de trouver ma voie assez rapidement, finalement.

Petite, j’ai toujours dessiné, construit des cabanes, inventé des histoires, je me faisais des robes de princesse avec les plaids du salon, je n’avais pas le droit à la DS alors je m’en faisais une en papier. Et je suis convaincue qu’être créatif, c’est ça. Constamment, imaginer notre monde, pas forcément parfait, mais le rendre plus joli, plus fonctionnel, plus doux.

Je pense que tout créatif est un peu dans son monde. Ou en tous cas, l’imagine à sa façon.

Se protéger du monde 

Je suis assez solitaire, je ne sors pas beaucoup et je ne suis pas très fêtarde. Je crois que j’ai peur du monde, de ce que je ne contrôle pas. J’ai très peur des situations tristes ou choquantes, car je sais que je ne contrôle pas mes émotions (autant les joies que les peines).

Je pense avoir longtemps refoulé cette hypersensibilité ou en tous cas, on la refoulait pour moi, à l’école, par exemple. J’ai toujours eu l’impression d’être « trop » perchée, « trop » gentille, « trop » douce… Et puis en grandissant, j’ai compris que c’était juste ma manière à moi de me protéger. Me protéger du monde qui était souvent brut, violent et méchant.

À l’adolescence, je me suis construit une carapace et parfois, j’avais du mal à la retirer quand je rentrais à la maison. Ça m’avais rendue dure et ce n’était pas en cohérence avec ce que j’étais.

Et, puis la vie et ses leçons ont fait que j’ai appris à me servir de cette sensibilité pour en faire quelque chose qui me correspond et qui me ressemble.

Créativité rime avec curiosité

J’ai des périodes de lubies, où, je deviens boulimique de connaissances sur certains sujets. Certains ne durent pas et d’autres restent. Ça, on m’a forcée à croire que ce n’était pas normal. Et je l’ai cru. Un sujet sur lequel je suis incollable par exemple, c’est Frida Kahlo. J’ai du lire une bonne dizaine de livres sur sa vie, sur Diego, sur ses œuvres, je me suis même fait tatouer son nom… Et pour ça, les gens me prennent un peu pour une fada. 

J’ai parfois des moments très très impulsifs où, si je ne fais pas ce que j’ai dans ma tête, je sais que je ne le ferai pas. C’est vraiment exquis la sensation d’avoir une idée et de savoir que vous allez la réaliser. C’est vraiment trop excitant. On m’a souvent dit que je faisais trop vite les choses, que je n’appréciais pas. Au contraire, je savoure le fait de pousser une idée dès que j’en ai l’envie.

Être créatif, ce n’est pas que dans l’art, mais aussi, dans la façon de penser, de cuisiner, de décorer, de vivre. Il y a tellement de façon d’être créatif. Cela passe aussi par le fait d’être curieux. Je m’intéressais vraiment à tout, en première, je buvais les paroles de ma prof de Français, Madame K. qui paraissait tellement aimer son travail et en être passionnée. Je me suis dit que plus tard, ce serait ça ou rien.

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Nourrir sa créativité

Je suis intimement convaincue qu’être créatif, c’est quelque chose que l’on stimule avec le temps, en fonction d’où, de comment, nous sommes élevés.

On a tous cette fibre créative plus ou moins développée lorsque l’on naît. C’est comme une plante, que nos parents, nos proches choisissent ou non d’arroser. Si on ne l’arrose pas, elle ne grandit pas, elle n’a pas d’eau et elle meurt. La créativité, c’est pareil, si on ne la stimule pas, il n’y en a plus.

Aujourd’hui, je peux dire que j’ai eu la chance d’avoir des parents qui ont stimulé la créativité chez moi. Et c’est sûrement ce qui m’a amené à en avoir de plus en plus besoin. Le besoin stimule l’envie.

J’ai créé mon entreprise il y a un peu moins d’un an et je continue de suivre des études dans le domaine du graphisme et de la communication visuelle. Et en fait, ce que j’aime par-dessus tout dans mon travail, c’est de m’imprégner de l’univers des autres pour en sortir quelque chose qui leur correspond parfaitement. Je fais un peu le caméléon, et ça me plaît.

C’est comme un acteur qui doit d’imprégner d’un personnage, de son histoire, parfois la pousser, la travailler et bien moi c’est pareil, je m’informe, je lis, je reste à l’écoute.

Pour être un bon créatif, je pense qu’il faut se nourrir du monde que nous avons, depuis petits, crée pour nous. 

Je reprends la phrase d’Easy Blush: « Je mets mes petites lunettes roses ! » et je vais travailler. Pour moi, c’est ça, la créativité, c’est rendre son monde plus joli, tout en sachant qu’il n’est pas parfait et que notre vision n’est pas forcément celle des autres.

Aujourd’hui, mes yeux voient de la beauté partout, même chez les « méchants ».

 

Pauline L.

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Pauline Launay

Pauline est une jeune bretonne graphiste et illustratrice. Elle a monté son entreprise il y a moins d’un an. Passionnée et inspirée par les femmes, la nature, le voyage et la mer, elle voue ses créations aux bonheurs simples et à la beauté naturelle.

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