Un jour, j’ai réalisé que le visuel, l’image avait complètement pris le dessus dans notre quotidien. Que ce soit les emojis de nos téléphones, les snaps au lieu des textos, la mode, le paraître, les faux-semblants. Aujourd’hui, faire attention à son image c’est devenu une habitude, c’est devenu automatique. On fait attention à ce que l’on porte, surtout sur une photo Instagram. On fait attention à comment on bouge, surtout sur un tik-tok. On ne pense plus à l’être mais au paraître. La vue a pris le dessus sur tous nos autres sens.

DERRIÈRE NOTRE SMARTPHONE

N’avez-vous jamais décortiqué le sens d’un texto ? Passé du temps avec vos copines à vous demander pourquoi monsieur a mis un point à la fin de la phrase? « C’est la fin de la phrase ? Du message ? DE NOTRE COUPLE ? Ça veut dire qu’il est énervé ? Triste ? » (Alors qu’en fait ça veut juste dire qu’il ponctue normalement ses phrases). Comment en est-on venu à s’abrutir de cette façon ? Comment en est-on venu à se mettre en couple, rompre, se disputer par messages via un téléphone ? On est constamment écrivain, ou scénariste. Ça en devient presque navrant toute ces mises en scène. Les emojis sont même venus à notre secours pour ponctuer notre joie, colère, rancœur, amour. On écrit presque plus qu’on ne parle.

Pour appuyer mon argumentation, parlons des notifications, des jeux, des applications, couleurs, etc. Comme si les textos n’étaient déjà pas assez visuels, grâce à Snapchat, on s’envoie des photos instantanées, des petites vidéos. Notre moyen de communication est déjà plus vivant que le texto pur (un bon point !) mais ça reste dans le visuel. Ici nos émotions on les mime, on les grimace, on ne les dit plus. On fait semblant de les dire.

L’ordinateur, la télévision, tout est de l’ordre de la vue. Nastya Ptichek, artiste et designer graphique ukrainienne a dit « Avant internet, les émotions étaient réelles mais avec tous ces likes, cœurs et étoiles, elles semblent artificielles, en carton-pâte ». Et je suis absolument d’accord avec elle. Les cœurs, les emojis, les gifs ou les bitmojis ont remplacé les vrais sentiments, les ballades au bord de la mer main dans la main, ou encore les discussions auprès du feu entourées de toutes nos copines.

LE MARKETING D’IMAGE

Il n’y a pas que le digital. Dans le monde de la communication et de la publicité, on joue particulièrement plus sur l’image que sur le reste. Un paquet de chips noir ne donne pas envie, un paquet bleu blanc rouge avec la photo de Griezmann en long & en large, c’est déjà mieux !

Souvent, la communication du produit est plus recherchée, plus travaillée que le produit lui même. On arrive à persuader la cible en utilisant des procédés qui jouent sur un principe de conditionnement. On sait qu’un prix barré et remplacé incite à l’achat, qu’une réduction temporaire incite à l’achat. «  Bonnes affaires » « prix sacrifiés » « prix bas » « direct d’usine de destockage » « à saisir » « réduction 20% jusqu’au.. » « 129€ 99€ »  Mots clefs pour réveiller les stimulus du « gain financier »/ de l’économie. Il y a aussi les couleurs (couleurs des soldes, des opérations exceptionnelles : rouge & jaune), des bacs ou des portants qui sont incitatifs.

Ayant été une consommatrice hors paire, j’achetais malheureusement bien souvent l’image du produit plus que le produit en lui même, inlassablement attirée par les codes de l’image. Et vous ? Etes-vous touché par ce fléau ?

 

Lire aussi: Slow Life, Slow Fashion, le shopping au temps du Covid 19

Lire aussi: Sortir de sa zone de confort… et savoir y revenir

 

Imani Mlanao

Après avoir étudié et travaillé dans le domaine de la communication, Imani décide de transformer son rêve de petite fille en vision : Créer un magazine papier et digital qui deviendrait l'accessoire indispensable des femmes qui veulent conquérir le monde. Le but ? Inspirer et accompagner les femmes dans la réalisation de leurs rêves, et dans leur propre cheminement personnel.

Pas encore de commentaires

Laisse un com!

Ton adresse email ne sera pas publiée.