Étudiante en langues, j’ai effectué ma troisième année d’études grâce à Erasmus. C’est un programme qui permet aux étudiants et jeunes de moins de 30 ans de séjourner à l’étranger pour renforcer leurs compétences. Le domaine dans lequel j’étais était très international. Il était donc primordial voire obligatoire, de partir à la conquête du monde lors d’un échange pour pratiquer une langue.

Malgré le fait que mes deux langues principales soient l’anglais et le chinois, j’ai toujours été sûre de mon choix : je voulais partir en Europe pour perfectionner mon anglais. Après un examen de niveau de langue, un CV et un entretien en anglais, j’attendais avec impatience la réponse de ma fac. Parmi les trois vœux que j’avais demandé, ma candidature pour la Suède avait été retenue.

Mais pourquoi la Suède ?

Contrairement à ce que tout le monde pensait, je ne suis pas partie en Chine. Je n’en avais tout simplement pas envie, et je ne voulais pas écouter quelqu’un d’autre que moi-même pour prendre une telle décision. La Suède est un pays magnifique qui m’était totalement inconnu, plus au nord que je ne l’ai jamais été. C’était également une destination proche de la France, où ma famille pourrait facilement me rendre visite.

De plus, il faut savoir que la grande majorité des suédois parlent couramment anglais, ce qui m’importait beaucoup. La langue officielle est le suédois, mais, les habitants sont très doués dans la langue de Shakespeare. Les enfants l’apprennent depuis leur plus jeune âge, et aucun doublage en suédois n’est mis en place sur les films ou séries, même au cinéma. Les suédois sont donc habitués à entendre l’anglais presque quotidiennement.

Le grand changement

J’ai commencé à faire ma valise une semaine avant mon départ. Je devais rester 10 mois en Suède, et il était nécessaire de faire mes bagages avec grand soin pour ne rien oublier. La veille de mon départ a été très difficile. J’ai eu peur. Peur de partir seule pour la première fois. Peur de quitter mes proches pendant si longtemps. Peur d’aller à l’aventure, alors que je suis si bien dans ma zone de confort.

J’étais pleine de questions : Est-ce qu’il fait si froid qu’on le dit ? Est-ce que mon appartement sera confortable ? Est-ce que je vais facilement me faire des amis ? Est-ce que je serais capable de suivre des cours entièrement en anglais ? Est-ce que je vais arriver à me débrouiller seule au quotidien ?
J’étais stressée d’aller vers l’inconnu et triste de tout quitter, mais tout de même curieuse de voir à quoi allait ressembler ma nouvelle vie.

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Ma nouvelle vie suédoise

Me voilà fraîchement débarquée de France, dans un petit village nommé Falun. Les premiers jours étaient difficiles, mais après avoir pris mes marques je décidais de ne pas m’entourer de français, pour m’intégrer dans ce fameux milieu international où je venais pratiquer l’anglais.

J’ai découvert la Suède au fil du temps. Je m’étais très peu renseignée sur ce pays, réputé pour son esthétisme à toute épreuve et pour sa technologie. Tous les cafés et restaurants étaient mignons et modernes, il y avait des prises USB dans tous les transports sans exception et de la wifi de partout. Même dans le bus !

En revanche, j’étais très stressée à l’idée de découvrir la partie de la Suède qui me faisait le plus peur : ses températures glaciales. Il faut savoir que lors de mon séjour, il y avait énormément de neige à cause du réchauffement climatique. Généralement il neige moins car les températures sont plus basses. Bon, le record s’est toutefois établie à -22°C, ce qui me paraissait déjà bien trop froid. Et qui dit rude hiver, dit journées très courtes et nuits très longues.

En ce qui concerne les habitants, ils sont très gentils et serviables dans l’ensemble, et vraiment très ouverts d’esprit. Tout le monde est toujours prêt à vous aider. Les suédois sont assez sportifs, très grands et ils aiment profiter de la nature, qui est extrêmement présente dans le pays.

En Suède l’égalité des sexes est omniprésente. Les hommes sont très investis dans le foyer, que ce soit au niveau des tâches ménagères ou des enfants. Les femmes quant à elles, ont des salaires plus élevés et peuvent mener d’importantes carrières tout en étant mères, sans jugement.

Découvertes et rencontres

C’est vraiment les deux mots que je choisirais pour définir mon échange universitaire. Erasmus c’est l’occasion de rencontrer énormément de personnes de toutes nationalités confondues. C’était un réel bonheur de vivre dans un contexte si différent du contexte français.

J’ai pu découvrir des cultures et des personnes fabuleuses, et me suis liée d’amitié avec des gens avec qui je suis toujours en contact aujourd’hui. J’ai même pu goûter à des spécialités culinaires du monde, lors des dîners internationaux où tous les étudiants pouvaient cuisiner un plat de leur pays pour le faire découvrir aux autres. Je ne pensais pas créer de liens si forts grâce à ce programme, mais je suis repartie de Suède avec plus de personnes dans mon cœur qu’à mon arrivée.

J’apprenais de nouvelles choses chaque jour. Que ce soit au sein des cours de l’université, ou de la part de toutes les personnes qui m’entouraient. J’ai perfectionné mon anglais, comme prévu au départ. Je parlais anglais au quotidien, avec la majorité de mes amis, en cours et dans mes rédactions.

J’ai également eu l’occasion de beaucoup voyager. L’avantage avec Erasmus est que je ne croulais pas sous les cours et les devoirs, et j’avais donc plus ou moins de temps libre selon les périodes. J’ai pu partir en Angleterre, au Danemark, en Italie, en République Tchèque, et en Pologne.

Le bilan de cette expérience

Cet échange en Suède a été l’une des plus belles expériences de ma vie. J’encourage tout le monde à partir de cette manière. J’ai beaucoup appris sur moi, sur les autres et sur la vie en général. Tout en découvrant de nouvelles cultures, j’ai fait la rencontre de gens passionnants et adorables. J’ai également trouvé ma voie, car l’environnement dans lequel j’étais m’a permis de me recentrer sur moi et sur ce que j’aimais réellement. J’ai pris conscience de l’importance qu’avaient ma famille et mon cercle d’amis à mes yeux.

Voyager seule dans ce cadre si différent des des voyages traditionnels m’a beaucoup apporté. Je suis ressortie grandie, plus autonome et débrouillarde, et encore plus ouverte d’esprit. Erasmus m’a permis de découvrir la vie à la suédoise, et j’ai pu m’immerger dans un système bien différent du système Français.

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Audrey COLLOMB-REY

Anciennement étudiante en langue anglaise, chinoise et coréenne, Audrey s'est reconvertie dans le domaine qui la fait vibrer depuis sa jeunesse : la mode. Ses passions pour le voyage, les tatouages, le vintage et l'éco-responsabilité font d'elle une femme ouverte d'esprit, qui prend plaisir à aller à la rencontre de l’autre.

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